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musée des Augustins
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L’œuvre restaurée

Le choix de réintégration de la couche picturale

Un choix intermédiaire s’est imposé  :

La lisibilité de ces zones a été cependant améliorée par la réintégration, les lacunes ne demandant pas d’interprétation. Les usures de la couche picturale sont atténuées.
Détails photographiques de la tête du roi
avant et après l'intervention de 2001.

(C2RMF- G. de Puniet).
Les cheveux et la barbe du Christ, devenus évanescents ont été légèrement restructurés. L’œil droit de la Vierge a été partiellement reconstitué à partir des restes de peinture originale afin qu’elle retrouve son regard. Les cheveux du roi ont été laissés partiellement lacunaires.

La préparation a été harmonisée et glacée afin d’être perçue en arrière-plan alors que les mastics ont été réintégrés de façon illusionniste dans le ton local, avec restitution du réseau de craquelures. Dans les lacunes profondes, le bois a été légèrement éclairci à l’eau oxygénée afin qu’il s’harmonise avec la couche picturale tout en restant visuellement en retrait.

En définitive, la restauration de la Crucifixion, indispensable pour sa présentation au public, a été menée en tenant compte de tous les éléments historiques et scientifiques connus à ce jour. L’intervention a permis de
Crucifixion du Parlement de Toulouse,
après restauration.

Photo : Daniel Martin.
conserver les marques du passé et de laisser au spectateur la liberté d’une reconstitution virtuelle à partir des parties originales, sans les trahir.

Certaines particularités techniques permettent d’avancer des hypothèses sur son auteur anonyme. L’emploi simultané d’une préparation au carbonate de calcium et d’un liant à la tempera est une rare association qui suggère une origine espagnole. Les analogies remarquées par les historiens d’art avec l’art d’Enguerrand Quarton s’avèrent seulement stylistiques et non techniques indiquant ainsi une connaissance purement visuelle des compositions du maître d’Avignon. Plus que les tableaux, les livres enluminés constituaient l’un des vecteurs de propagation lointaine des créations artistiques, et de récentes publications ont souligné le rôle important de Quarton comme enlumineur. Un missel, dont il aurait illustré le Canon de la Messe par deux représentations de Dieu le Père, entouré des symboles des évangélistes, et de la Crucifixion, pourrait avoir été la source inspiratrice du peintre de la Crucifixion de Toulouse.