Accueil Polychromies Secrètes
musée des Augustins
Mairie Toulouse
FrançaisEnglishEspañol

Avant la restauration


Photographie de l'ensemble en 1950 avant
l'intervention de M. Goulinat.

(C2RMF)
En 2001, une nouvelle restauration fut envisagée afin de présenter à nouveau l’œuvre au public. Avant toute intervention, il est bon de s’interroger sur son bien-fondé. Pour la Crucifixion du Parlement de Toulouse, la nécessité d’intervenir pour des raisons de conservation était évidente puisque le tableau était arrivé dans l’atelier en soulèvement quasi généralisé.

L’intervention pour des raisons esthétiques posait plus de problèmes. D’un côté, la matière picturale était très alourdie par de nombreuses restaurations. De l’autre côté, l’étendue des repeints nous permettait de douter du bien-fondé d’une dérestauration qui pouvait laisser une composition peu lisible. La variété et la fantaisie formelle des restaurations donnaient par ailleurs à l’ensemble un aspect extrêmement chaotique. Le ciel et les prie-Dieu étaient retouchés par la méthode des gros points. Le manteau rouge du roi était traité par des micro-points dans une tonalité uniforme. La restauration de la robe rouge de la Vierge était effectuée en trattegio, son visage et le paysage en mode illusionniste. Le visage du roi était resté lacunaire avec la préparation apparente.

La nécessité et l’urgence d’une intervention de refixage, la grande valeur et la force de la composition restante dénaturée par les nombreux repeints, ont orienté le choix vers une restauration fondamentale. Les soulèvements étaient principalement localisés dans les zones où le support bois était défectueux, creusé de nombreuses galeries d’insectes, et dans les zones de masticage.

Les principales altérations

Bien qu’elles interagissent entre elles de manière complexe, elles seront présentées plus simplement en différenciant les facteurs internes, liés au vieillissement propre des composants du tableau, des facteurs externes d’origine humaine.

Le support

Le choix des matériaux constitutifs de l’œuvre est certainement à l’origine des altérations les plus anciennes. Le débit tangentiel associé à la présence de zones noueuses dans la partie supérieure du panneau a favorisé un jeu du bois important puis provoqué des pertes d’adhérence de la préparation dont on rappelle le manque de souplesse (lacunes du haut à droite, ainsi que sous le bras droit du Christ). La nature du débit a également été à l’origine de l’ouverture des joints et des fentes, notamment sur le manteau du roi.

L’essence choisie (du noyer) explique en partie l’importante atteinte xylophage (vrillette) sur les bords des planches, plus proches de l’aubier, qui a déterminé des effondrements de la matière picturale.

La couche picturale

L’intervention humaine a été malheureusement à l’origine de multiples altérations de la couche picturale. La radiographie a précisé les actes de vandalisme révolutionnaire, masqués par des repeints : grattage de la figure du roi, de la couronne, des lys – symboles de la royauté – qui ont été systématiquement mutilés sur les blasons, les draps des prie-Dieu et sans doute sur le manteau du roi.

L’humidité due au dépôt de l’œuvre à même le sol au XIXe siècle est très probablement à l’origine des altérations massives de la bordure inférieure du tableau. Le ciel d’or, enfin, a été définitivement altéré par une restauration ancienne, au milieu des années 1850. En dernier lieu, l’instabilité du support a entraîné des problèmes de soulèvements permanents de la couche picturale.