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musée des Augustins
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L’œuvre après restauration

Nostre Dame de Grasse,
avant restauration.
Photo : Prat.
Nostre Dame de Grasse,
après restauration.
Photo : Daniel Martin

Le dégagement de la polychromie originale, qui impliquait l’élimination de l’ensemble des repeints, a finalement été retenu pour plusieurs raisons :

Elle permettait en effet de révéler la palette chromatique médiévale ainsi que l’acuité des reliefs sculptés qui avaient été empâtés par les repeints. La surface de l’œuvre devait, enfin, retrouver une unité visuelle que la conservation des repeints aurait entravée.
 

Dégagement de la polychromie

Celui-ci a été effectué en conservant la mémoire des différents repeints : des photographies ont été prises, après le dégagement de surfaces limitées, de chaque niveau de polychromie. En outre, des îlots de peinture conservant la superposition de tous les repeints ont été maintenus dans des zones peu accessibles au regard.

Le dégagement s’est effectué mécaniquement à l’aide d’un fin scalpel, sous loupe binoculaire, ce qui explique la durée de l’intervention. Seul le premier repeint sur le revers gris de la robe de la Vierge a pu être éliminé chimiquement. Le refixage des couches picturales fragilisées a été fait, tout au long du dégagement, à l’aide de fixatifs vinyliques ou acryliques selon la matité ou la brillance requises.
 

Nettoyage et traitement de la pierre

Certains phénomènes de dégradation de la pierre étaient dus à la présence de sels solubles (sulfates, chlorures et nitrates) en surface, mais aussi en profondeur pour les deux derniers. Seules les croûtes noires superficielles, chargées de sulfates, ont été éliminées, le plus souvent au scalpel, lors que ces salissures recouvraient de la peinture originale. En revanche, sur la pierre nue, cette technique n’était pas adaptée, pas plus que ne l’étaient les techniques de compresses ou gels aqueux, en raison de la concentration importante des sels solubles. La fragilité de la pierre interdisant tout procédé de nettoyage par micro-abrasion, c’est la technique de nettoyage par photo-ablation (laser) qui a été retenue. Cette méthode constitue aujourd’hui le seul moyen qui soit en mesure de préserver parfaitement un matériau aussi fragilisé.

La consolidation de la pierre n’étant pas envisageable en raison de la forte teneur en sels solubles, la sculpture sera désormais conservée dans un milieu aux conditions hygrométriques rigoureusement stables, sous surveillance permanente.
 

Retouches

La polychromie originale était plus ou moins usée ou lacunaire selon les endroits. L’unité visuelle a été obtenue par des retouches aussi minimalistes que possible et entièrement réversibles, à l’aquarelle, sur les parties les plus dégradées (pierre nue).