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Les deux premiers repeints

Les documents d’archives ne livrent aucune indication sur les circonstances dans lesquelles la sculpture a été repeinte, entre le XVIe et la fin du XVIIIe siècle. Ce type d’intervention a pu être lié, comme c’est souvent le cas, à une rénovation architecturale de l’édifice dans lequel se trouvait l’œuvre ou au déplacement de celle-ci dans un nouveau lieu.

Comme c’est souvent le cas, les repeints se sont progressivement éloignés de la conception chromatique d’origine. Le plus ancien reprend globalement des couleurs identiques à l’original, tandis que les suivants sont de moins en moins fidèles. Toutefois, à travers les siècles, la couleur bleue reste uniquement attribuée à la robe de la Vierge.
 

Premier repeint


Reconstitution du premier repeint.

Réalisation : realFusio

Sans doute destiné à raviver la polychromie originale, le premier repeint est partiel et il conserve la même gamme chromatique. Le bleu de la robe de la Vierge, usé par un nettoyage, est recouvert d’une couche bleu azurite, les motifs étoilés ne sont pas repris. La doublure de petit-gris perd son aspect naturaliste pour être traitée dans le même esprit que la doublure du manteau, avec un glacis rouge posé sur une dorure à la feuille. Les carnations sont repeintes, mais leur tonalité reste très pâle avec, toutefois, des rehauts plus marqués. Le rouge des lèvres de la Vierge est plus intense et ses paupières inférieures sont soulignées d’un trait brun plus marqué. Le manteau blanc et les brocarts appliqués de la chemise du livre conservent leur couche originale.

Les techniques de mise en œuvre de ce repeint, qui reprend la palette chromatique du niveau original, incitent à proposer une datation qui se situerait au XVIe siècle.
 

Deuxième repeint


Reconstitution du deuxième repeint.

Réalisation : realFusio

Il est probable qu’une assez longue période sépare ce repeint du précédent. En effet, d’importants dépôts de poussière se sont accumulés dans les creux des volumes sculptés et les couches sous-jacentes présentent déjà des lacunes.

En outre, par le choix des couleurs, cette intervention marque une rupture stylistique avec la polychromie originale et le premier repeint. Le manteau de la Vierge devient rouge et la tunique de l’Enfant, jaune pâle. Sans doute les moyens financiers sont-ils moindres, car l’or du revers du manteau est remplacé par de l’étain, tandis qu’un alliage or/argent est appliqué sur la chevelure de la Vierge, sur sa couronne et sur la bordure de la tunique de l’Enfant. Le livre et sa chemise ne sont plus conçus comme un ensemble mais comme deux éléments distincts : la partie supérieure est traitée comme un livre, le pan d’étoffe de la chemise est traité comme une sorte de housse ; cette mauvaise interprétation de l’accessoire médiéval perdurera. Le visage de la Vierge perd de sa pâleur, les carnations deviennent plus orangées.

Les pigments employés (jaune de plomb et d’étain) et l’usage d’alliages ou d’étain pour remplacer l’or incitent à situer ce repeint au cours du XVIIe siècle.