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musée des Augustins
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Étude scientifique et mode de fabrication

Au Moyen Âge, plusieurs artistes intervenaient dans la réalisation d’une sculpture polychrome : un peintre en couleur et un doreur complétaient le travail du sculpteur.
Schéma d'application des couleurs
par les restautrices.
La statue a été sculptée dans un bloc de calcaire gris-blanc, en haut relief : à la différence d’une ronde bosse, le sujet représenté ne se détache pas complètement du bloc.

Nostre Dame était sans doute adossée contre une paroi car seul le revers de la tête est sculpté, le reste du dos est seulement épannelé (aplani avec une gradine dentée). Des traces de lissage avec une râpe sont visibles sur l’ensemble de la face de la sculpture, à l’exception des parties fourrées des vêtements.

Des trous ont été forés sur la couronne et le col de la robe de la Vierge pour y insérer des perles et des cabochons décoratifs. Les mains de l’Enfant, aujourd’hui perdues, ont probablement été sculptées à part et assemblées après coup.

Les couleurs sont habituellement posées sur une préparation bouche-pores ; c’est le cas ici, à l’exception des carnations, d’un rose très pâle, appliquées directement sur la pierre lissée. La feuille d’or est posée sur une mixtion (mélange) jaune pâle.


Schéma d'application des couleurs
par les restautrices.

Détail.
 
Par ailleurs, des techniques raffinées ont été employées : des glacis (couches picturales plus minces et transparentes), rouge sur le manteau de l’Enfant, et vert sur la doublure de son manteau, et surtout un décor de brocarts appliqués sur la couverture du livre que tient la Vierge. (Le brocart est un riche tissu de soie rehaussé de dessins brochés en fils d’or et d’agent). Ce motif, sur une sculpture, est réalisé en plusieurs étapes : une feuille d’étain est imprimée dans un moule en bois puis appliquée sur la sculpture en pierre entre deux mixtions ocre, et enfin couverte d’une feuille d’or.