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musée des Augustins
Mairie Toulouse
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Les circonstances de sa création :
une provenance énigmatique

Cette œuvre est encore plus énigmatique que la Crucifixion du Parlement de Toulouse : elle n’est clairement identifiée pour la première fois que dans le catalogue du musée des Augustins de 1805. Avant cette date, ses traces sont plus incertaines.


Copie de la première inscription de l'œuvre au catalogue du musée, 1805.

Les troubles de la Révolution ayant occasionné d’importants déplacements d’œuvres, sa provenance est encore obscure. Si l’hypothèse qui la situait dans l’abbaye des Hautes Bruguières est aujourd’hui abandonnée, l’hypothèse d’une provenance des Jacobins reste encore d’actualité. Des documents d’archives attestent en effet l’existence d’une chapelle axiale dédiée à Notre-Dame de (s) Grâces dans l’église des Jacobins de Toulouse à la fin du XVe siècle.

De la même façon, si la statue a pu être un temps attribuée au célèbre sculpteur Jacques Morel, sur la base d’un acte de donation aux Jacobins de Toulouse passé en Avignon en 1443, sa datation a été réévaluée depuis et correspond plus probablement à la seconde moitié du XVe siècle.

Quant à tirer des conclusions sur l’origine du sculpteur à partir de l’inscription en langue d’oïl, cela serait bien imprudent. L’inscription a en effet sans aucun doute été souhaitée et composée par le commanditaire. Que celui-ci ait choisi la langue d’oïl plutôt que l’occitan ne nous éclaire pas davantage. Nous pouvons très bien imaginer qu’un Toulousain de souche ait choisi la langue du roi et des membres de son administration dans un souci, disons, d’efficacité diplomatique !

Quoiqu’il en soit, l’auteur anonyme de cette œuvre d’exception a laissé une trace marquante sur la sculpture régionale ultérieure.