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musée des Augustins
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Nostre Dame de Grasse


Nostre Dame de Grasse, détail,
après restauration.

Photo : Daniel Martin
Sculpture emblématique du musée des Augustins et de la ville de Toulouse, Nostre Dame de Grasse a toujours été l’objet d’un attachement très particulier de la part du public. La restaurer, et donc modifier son aspect, constituait une décision d’une portée considérable. L’impulsion est finalement venue de l’œuvre elle-même, dont l’état de conservation devenait alarmant.
Des signes de dégradation évolutive appelaient une intervention rapide, mais il fallait tout d’abord analyser précisément les phénomènes qui en étaient la cause. Dans cette perspective, une étude préalable approfondie était nécessaire. Elle a réuni de nombreux experts : historiens de l’art, conservateurs et scientifiques du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), restaurateurs spécialisés dans la pierre et dans la polychromie des sculptures. Cette étude fournissait en outre une opportunité exceptionnelle pour parfaire la connaissance de l’œuvre et de son histoire et elle amenait tout naturellement, enfin, la question d’une éventuelle restauration. Une commission de réflexion a donc été réunie, composée d’historiens, d’universitaires, de conservateurs et de restaurateurs, afin d’assister le musée dans des choix souvent difficiles.

Cette restauration aujourd’hui achevée, permet de redécouvrir sous un jour nouveau cette œuvre unique et de restituer au public l’état des connaissances sur ce chef-d’œuvre qui garde encore une grande part de mystère.

Si, dans une fuite de fin du monde, il me fallait n’emporter qu’une seule œuvre d’art, peinture ou sculpture, je ne me laisserais pas tenter par les plus célèbres, vues et revues cent fois avec la même délectation, une prédelle du Sassetta, un Vermeer, un Manet, non, sans hésiter, je choisirais : Notre-Dame de Grâce. Ravissante, elle ne manque pas de rivale dans le charmant art marial du XIVe au XVIe siècle. Mais aucune n’est aussi proche de mon cœur, aussi liée à ma vie.

Philippe Ariès, « Notre-Dame de Toutes les Grâces »,
Le Nouvel Observateur, 23-29 décembre 1983, p. 40.