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musée des Augustins
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Les différentes options de restauration

Dans le cas d’une sculpture comme d’une peinture, la restauration d’une œuvre suppose aujourd’hui une phase d’étude préalable plus ou moins longue, afin d’avoir une connaissance très précise de l’état exact de l’œuvre : étendue et nature des ajouts postérieurs à sa création ; éventuels repentirs (modifications du dessein originel par l’artiste lui-même) ; analyse des causes des dégradations intervenues…


Détail de la technique du trattegio
sur le tableau Les Saints honorés
dans l'ordre des Franciscains
.
Musée des Augustins.

Photo Daniel Martin.
Une fois en possession de ces différents éléments, se pose pour le conservateur le choix de la nature de l’intervention. Faut-il dé-restaurer l’œuvre afin de se rapprocher d’un état originel à jamais perdu ? Quel degré choisir pour la réintégration des lacunes dans une peinture ou une polychromie ? Peut-on, doit-on reconstituer telle ou telle partie manquante ? Autant de questions qui font l’objet de débats parfois animés qui réunissent conservateurs, restaurateurs, universitaires et scientifiques au sein de commissions constituées pour l’occasion.

Parmi les différentes options possibles, on retiendra, pour la couche picturale :

> une restauration illusionniste qui suppose de nombreuses retouches et vise à donner l’illusion que l’œuvre est intacte ;

> une restauration dite semi-archéologique, dont le principe consiste à renoncer à combler les lacunes par des retouches et à laisser visible l’état de dégradation de l’œuvre, qui fait partie de son histoire.

Le plus souvent, les solutions retenues en fonction de chaque cas d’espèce relèvent de compromis telles les retouches dites discernable de près mais intégrée de loin qui peuvent être obtenue par la technique du trattegio, réseau de traits verticaux et parallèles de ton pur, ou par celle du pointillisme ou du micropoint, juxtaposition de points de couleur pure. De près, les lacunes laissées apparentes restent visibles ; de loin, les yeux du spectateur reconstituent l’unité de l’œuvre.